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PLEINE CONSCIENCE (la suite...)

SE RELIER A SOI DANS L’ICI ET MAINTENANT

« Porter son attention délibérément sur le temps présent, sans jugement » telle est la définition de la pleine conscience que donne Jon Kabbat Zinn. Professeur émérite de psychiatrie aux USA. Il a mis au point dans sa clinique, un protocole sur huit semaines (MBSR) permettant de mettre en évidence l’impact positif de la méditation sur la réduction du stress. D’autres protocoles suivront, comme pour la dépression (MBCT) dont l’efficacité a été démontrée sur la prévention des rechutes dépressives.

Au fond de quoi s’agit-il ?  Développer une attention consciente sur un objet choisi (la respiration, les sons, une image mentale) permet de diminuer le flot des pensées. En pratique, c’est simplement prendre le temps de s’arrêter un moment pour ne plus prêter attention qu’à son souffle, au chant d’un oiseau, à ce qui se passe dans son corps et plus tard, peut-être, à l’espace entre deux pensées... Ceci de quelques minutes plusieurs fois par jour à une pratique plus formelle de 10 à 15 min, tranquillement chez soi. Mais c’est aussi de ramener notre esprit aussi souvent que possible dans l’ici et maintenant, dans nos activités quotidiennes comme dans nos moments de loisirs pour pouvoir en profiter pleinement.

Car contrairement au sens commun, méditer n’est pas réfléchir sur un sujet mais apaiser le mental et ainsi mettre à distance ses ruminations incessantes.

Trop souvent nos pensées nous entrainent dans le passé qui n’est plus et le futur qui n’est encore que de l’imaginaire. Trop souvent aussi nous prenons nos pensées pour une réalité sans nous rendre compte qu’il s’agit d’une interprétation de la réalité construite sur des évènements passés.

Revenir simplement dans le présent, être à l’écoute de ce qui se passe en soi, accueillir ce qui vient comme ça vient, sans interprétation et sans jugement, c’est le chemin et le but de la méditation. Cela conduit à quitter le mode de fonctionnement « du faire » tellement privilégié à notre époque pour simplement arriver à celui « d’être ». Il ne s’agit pas d’être immobile sur un coussin ou totalement passif, mais de ne faire qu’une chose à la fois ! À l’usage, pour y gagner en efficacité.

Anxyolitiques, antidépresseurs, stress, burn out ne font que trop parti de notre environnement quotidien et semblent inéluctables. Ils sont surtout l’expression de l’excès du mode faire, souvent le reflet du piège du désir ou de l’illusion de pouvoir tout contrôler. Le risque étant, bien sûr, de dépasser ses limites et ceci d’autant plus facilement qu’on n’y prête aucune attention.

Le souffle est avec les battements du cœur la première chose qui se modifie en cas de stress, porter attention à sa respiration, sans chercher à la modifier d’aucune façon permet à celle-ci de ralentir d’elle-même et nous permet d’être à l’écoute de ce signal d’alarme très rapidement.

Les études montrent que ; petit à petit la fréquence cardiaque diminue ainsi que la tension artérielle, qu’Il semble y avoir un réel effet sur l’immunité et sur des pathologies variées comme le psoriasis, la fibromyalgie et toutes maladies liées au stress. Plus incroyable encore, l’augmentation de la télomérase, une enzyme permettant la protection de nos chromosomes et qui intervient donc dans le vieillissement cellulaire.

De très jolies images d’IRM fonctionnel ont mis en évidence le retentissement de la méditation sur le fonctionnement du cortex et des aires cérébrales, au point que nous parlons maintenant de neuroplasticité cérébrale.

 

A l’évidence, la méditation de pleine conscience n’est pas une thérapie mais elle est thérapeutique.

Plus fondamentalement, elle est une invitation à voir la vie autrement, à la vivre plus sagement, accueillant sans jugement et avec bienveillance ce qui vient de soi-même et des autres.

 

« Un être humain est une partie du tout, que nous appelons « Univers », une partie limitée dans le temps et l’espace. Il fait l’expérience de lui-même, de ses pensées et de ses sentiments comme quelque chose de séparé du reste - une sorte d'illusion d'optique de sa conscience. Cette illusion est pour nous une forme de prison, nous limitant à nos désirs personnels et à l'affection des quelques personnes les plus proches de nous. Notre tâche consiste à nous libérer, nous-mêmes, de cette prison en élargissant notre cercle de compassion pour embrasser tous les êtres vivants et la nature toute entière dans sa beauté. Personne ne peut tout à fait parvenir à ce résultat, mais l’effort consenti pour atteindre un tel niveau de conscience participe en soi à la libération et au fondement d’une tranquillité intérieure. »

 Albert Einstein New York Times, 29 mars 1972

Veronique Guattari

© Véronique Guattari, psychiatre psychothérapeute  2016

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