PSYCHOTHERAPIE (la suite...)
Par définition un traumatisme est un événement qui nous empêche psychiquement de grandir. C’est littéralement comme si une partie de nous s’arrêtait là, pendant que le corps et d’autres parties de notre psyché continuaient leur évolution. La thérapie aide à rétablir l'équilibre entre ces différents aspects de soi.
Aller voir quelqu’un, pour être accompagné dans la recherche des faits qui ont causé ces traumatismes, pour débroussailler le chemin sur lequel on s’enlise, pour prendre conscience et arrêter les répétitions douloureuses, pour combler les vides autrement que par une suractivité menant à l’épuisement, à l’excès de nourriture ou aux éternelles conquêtes insatisfaisantes...
On pourrait prendre l’image d’une descente en spéléologie. Descendre dans ces profondeurs nécessite d’être accompagné car même sur cette route, il existe des obstacles que l’on appelle des résistances. Des mécanismes de défense se sont mis en place pour nous protéger des émotions trop invalidantes relatives à ces événements traumatisants, par exemple en les enlevant de notre conscience par le refoulement, pour pouvoir continuer de vivre quand même. Mais ils vont souvent se révéler être, à long terme, comme des barrières à notre épanouissement. Cela apparaît « en creux ». On ne voit plus la bombe mais on voit le cratère laissé par l’impact au niveau de la conscience. On se retrouve à marcher au fond du trou sans plus en comprendre la raison.
L’inconscient est la partie immergée de l’iceberg et représente donc la plus grande partie de la psyché. Nous sommes des êtres qui conduisons une voiture. Notre mental tient le volant avec la sensation de diriger la voiture quand les roues ne sont guidées que par les forces inconscientes.
Il est parfois sain de savoir où la voiture nous emmène…
Ainsi, il peut s’agir pour l’inconscient de rester dans du « connu », aussi inconfortable puisse-t-il être. C’est ainsi qu’apparait une autre forme de résistance, car comme tout changement, la résolution du problème devient alors un problème ! Etre accompagné prend alors tout son sens...
Mais aller voir qui ? Indépendamment de la technique utilisée, il s’agit de trouver une personne avec qui on se sent suffisamment en confiance pour parler, en langage psy, quelqu’un avec qui peut se créer un espace relationnel suffisamment sécurisant pour libérer la parole. C’est un critère éminemment subjectif mais essentiel.
Psychothérapeute, psychiatre, quelle différence ? Un psychiatre est un médecin formé dans l’étude des pathologies mentales et il peut donc prescrire des médicaments. Cependant, aller voir un psychiatre ne veut pas dire être un malade mental pour autant ! Si tous ont la possibilité de faire des psychothérapies, nombre d’entre eux sont spécifiquement des prescripteurs. Comme tous les psychanalystes ont été eux même en analyse, la majorité des psychothérapeutes ont fait aussi une psychothérapie. Car le seul savoir livresque ne peut suffire pour repérer et « sentir de l’intérieur » ce qui se joue dans la relation.
Si un psychanalyste se doit d’être suffisamment neutre pour être un miroir autorisant tout type de projection, généralement assis derrière le patient allongé sur le divan et définissant un cadre thérapeutique précis, il s’agit ici d’une thérapie en face à face où le thérapeute est dans la relation, agissant en fonction d’elle. Le cadre est posé et défini selon la personnalité et la problématique de chacun. « C’est le tableau qui définit le cadre et non le cadre qui doit définir le tableau qu’est une thérapie » pour citer S. Ali.
Il s’agit en tout cas de sentir que le thérapeute quel qu’il soit est prêt à s’engager à vos cotés pour vivre l’aventure qu’est une thérapie et qu’il a en lui les ressources nécessaires pour vous aider à faire face à ce qui pourrait s’y dévoiler.